PARIS 27 MARS 1999  | SANS PATRIES NI FRONTIÈRES

Manifestation européenne, pour la régularisation des sans papiers,
pour la libre circulation et contre les centres de rétention
 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 


SANS-PAPIERS
NI FRONTIERES

Pour une Europe ouverte et solidaire

Nous ne voulons pas d'une Europe xénophobe et liberticide. Hier, l'Europe colonisait, asservissait, réduisait en esclavage, déportait et assassinait. Aujourd'hui, elle s'entoure de barbelés, elle érige de véritables camps d'internement, elle fiche et dénonce, elle expulse... Tout cela pour réprimer une population dont la seule faute est d'avoir une autre nationalité.

Car être réfugié ou étranger est un crime aux yeux des autorités européennes. Dix ans après la chute du mur de Berlin, la police allemande n'hésite pas à ouvrir le feu pour empêcher les réfugiés de franchir la frontière avec la Pologne. Des centaines de migrants meurent de noyade en tentant de traverser le détroit de Gibraltar. A Trieste en Italie et dans l'Adriatique, ceux et celles qui fuient la guerre et son cortège de massacres et de misère sont refoulés pars les carabiniers italiens. En France et en Belgique, des prisons spéciales appelées "zones d'attente", "centres de rétention" ou "centres fermé" privent des milliers de personnes d'une liberté fondamentale : celle de circuler et de s'installer.

Nous ne voulons pas de cette Europe forteresse qui se construit. Une Europe, véritable citadelle assiégée dans un monde ou 20% de la population résidant dans les pays les plus riches se partage 86% des richesses mondiales. Nous ne voulons plus de ce monde où un milliard d'êtres humains se trouvent dans l'incapacité de satisfaire leurs besoins essentiels : s'alimenter, se loger, se soigner, apprendre, se faire plaisir...

Plusieurs Etats européens continuent d'expulser des malades du sida, ou atteints d'autres pathologies graves, vers des pays sans système de santé. Ces mêmes Etats refusent des visas d'entrée à ceux et celles qui souhaiteraient avoir accès aux traitements disponibles uniquement dans les pays du nord. Ceux-ci confortent l'inégalité des droits entre nationaux et étrangers en interdisant l'octroi de minimas sociaux et l'accès à une véritable protection sociale aux sans-papiers.

Accepter l'Europe telle que les Etats et les gouvernements européens - de droite comme de gauche - la conçoivent, c'est accepter la vision d'un monde où inégalités et misère règneraient tandis qu'une minorité monopolisant l'ensemble des richesses mondiales se protègerait par tous les moyens. Les entreprises de transport participent à ce processus en préférant se transformer peu à peu en sociétés de contrôle et de sécurité plutôt que d'instaurer la gratuité de leurs services. Résultat : les victimes du chômage et de la précarité se voient refuser la possibilité de se déplacer et de quitter leurs quartiers ou villages d'origine. Tolérer cette situation revient à accepter un apartheid mondial.

Ce qui est valable pour la planète l'est aussi pour cette Europe où l'apartheid social s'installe : getthoisation de centaines de quartiers quadrillés par les forces de l'ordre, contrôle social oppressant, encadrement par le chantage à l'insertion, massification de la précarité... Car les travailleurs, chômeurs, précaires en lutte avec ou sans papiers sont bien placés pour le savoir : la misère, l'exploitation et la répression, elles, n'ont pas de frontières.

Nous nous associons aux acteurs et actrices de la campagne européenne contre les camps de rétention pour que la liberté de circulation et d'installation ainsi que la réappropriation et le partage des richesses deviennent une réalité et ne se limitent pas à de simples positions de principe.

Marche européenne contre les centres de rétention et pour la liberté de circulation le 27 mars à Paris

Exigeons :

  • La régularisation, sans critères ni quotas, par carte de cent ans de tous les sans-papiers.
  • La liberté de circulation et d'installation - La libération de tous les sans-papiers emprisonnés
  • La suppression de la double peine et de l'assignation à résidence - L'arrêt des expulsions et le retour des expulsés
  • Egalité d'accès à la protection sociale
  • La fermeture des camps de rétention et des zones d'attente - l'abrogation des lois xénophobes et discriminatoires.

Collectif régional des sans-papiers d'île-de-France, Collectifs anti-expulsion (CAE) de l’Ile-de France, Lille, Nantes, Reims, Collectif contre les expulsions (CCLE) de Bruxelles et Gent , Autonome Vluchtelingensteungroep, Réseau No Pasaran, Agir ensemble contre le chômage (AC !), Act up Paris, Confédération nationale du travail (CNT), Migrants contre le Sida, Organisation communiste libertaire (OCL), Scalp-Reflex, Reseau des droits sociaux contre les expulsions, Voie prolétarienne

 

PS - Outre le soutien àl'initiative du "mouvements des invisibles" italien d'organiser un Train en libre-circulation de Vintimille àParis (cf. l'appel du 10 février 1999), plusieurs actions sont prévues sur Paris dans le cadre de cette journée du 27 mars. Des informations (Rendez-vous et lieu) suivront ultérieurement.

 

 

 

 

 

YA BASTA

YaBasta
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Tute bianche
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No Borders !
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